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Contes des traditions bouddistes

Buddha
Buddha | © Wonderlane | Creative Commons Licence
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Qui es-tu?

Un prêtre brahmane demande un jour à Bouddha: Maître, êtes-vous un deva [un dieu]? »
«Non, Brahmane, je ne suis pas un deva.», répondit le Bouddha.
«Êtes-vous un gandhabba (une sorte de dieu de grade inférieur ; un musicien céleste)?»
«Non…» dit à nouveau le Buddha.
«Seriez-vous… un yakkha (une sorte de dieu protecteur, ou des fois un esprit farceur.)»
«Non…» répondit-il à nouveau.
«… un être humain?» persista le prêtre.
«Non, Brahmane, je ne suis pas un être humain.» le Bouddha répondit.
«Alors quel sorte d’être êtes-vous?…»
«Souviens-toi de moi, Brahmane, comme étant éveillé” le Bouddha lui dit finalement.

traduit du Pall par Thanissaro Bhikkhu


L’amertume d’une mère

Mustard Seeds
Graines de moutarde | © moominmolly | Creative Commons Licence
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Un jour, l’enfant unique d’une jeune mère tomba malade et, alors même qu’elle était allée chercher de l’aide, le bébé mourut. Malgré cela, la mère refusait de penser que son enfant ne pouvait plus être aidé. Aussi, continua-t-elle à demander aux personnes qu’elle croisait de faire quelque chose pour lui.
Lorsqu’elle vit le Bouddha, elle courut à lui et lui demanda de sauver son enfant.
Ce dernier lui répondit que si elle arrivait à trouver un grain de moutarde provenant de la maison d’une famille dans laquelle personne n’était mort, son enfant serait sauvé.
La femme quitta le Bouddha pleine d’espoir et se pressa d’une maison à l’autre pour finalement découvrir qu’une telle maison n’existait pas. Toutes les familles qu’elle rencontra lui firent le récit de la mort de nombreux membres de leur famille. Le cœur de la mère entendit leurs histoires et elle se sentit réconfortée.
Elle rentra alors chez elle, enterra son enfant et peu à peu, sa douleur changea de forme.
Ce n’est qu’à ce moment qu’elle retourna trouver le Bouddha. Cette fois, elle lui raconta combien sa bonté l’avait aidée à accepter la perte de son enfant.

РR̩cit traditionnel bouddhiste


La menuiserie du | © Veebl |Creative Commons Licence
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Le moustique et le charpentier

Un jour lors du règne de Brahmadatta en Benares, le Bodhisattva était commerçant. Il demeurait un certain nombre de charpentier dans un village en bordure de Kasi. Et par hasard l’un deux, un chauve aux cheveux gris lissait du bois la tête luisant comme un bol en cuivre quand un moustique se posa sur son crâne et le piqua de son sombre dar.
Le charpentier dit à son fils qui était assis à côté: «Mon garçon, un moustique est posé sur ma tête. Chasse-le.»
«Ne bouge pas, alors, papa» dit son fils. «Il suffit de lui souffler dessus.»
(À ce même moment le Bodhisattva était arrivé dans ce village alors qu’il était en route pour faire du commerce, et était assis dans la menuiserie.)
«Débarrasse-m’en!» cria le père.
.» «Très bien, père» répondit le fils qui se tenait derrière le dos du vieux monsieur, et, soulevant une hache aiguisée avec la ferme intention de tuer le moustique, il fendit en deux la tête de son père. Le vieil home mourut sur le coup.
Cependant le Bodhisattva fut témoin de toute la scène:
«Il vaut mieux un ennemis sensé, dont la peur de la vengeance empêchera de tuer quelqu’un.»
Puis il récita ces lignes:
«Les amis insensés sont pires que les ennemis sensés ;
Soyez témoin du fils qui pensa occire le moucheron,
Mais, pauvre imbécile, il fendit en deux le crâne de son père.»
Ce disant, le Bodhisattva se leva et s’en alla. Et, pour le charpentier, son corps fut incinéré par ses proches.

– des Jatakas ou Histoires des vies passées du Buddha