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Contes des traditions musulmanes

La Princesse à la forte tête

Newly-weds
Jeunes mariés | © anuarsalleh | Creative Commons Licence
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Un roi riche et puissant avait trois belles filles. Un jour il leur dit: «Tout ce que je possède est à vous, ou le sera. Ce sont mes dernières volontés qui détermineront votre future et votre destin».

Les deux princesses aînées étaient d’accord avec la déclaration de leur père mais pas la plus jeune. Elle dit à son père: «Je dois être obéissante envers la loi mais je ne crois pas que mon destin doivent être déterminé par ton opinion».

Le père devint furieux en entendant ces mots et décida de la mettre en prison jusqu’à qu’elle changea d’idée. Le temps ne fit que la renforcer dans ses convictions. Exaspéré, son père la bannit au-delà des frontières de son royaume.
La princesse pleine de ressources trouva de la nourriture et une cave pour s’abriter. Un jour elle aida un voyageur perdu qui était un riche marchant. Ils tombèrent amoureux et transformèrent le désert en le plus riche et prospère royaume à la ronde.

Un jour, son père vint présenter ses respects à ses voisins. Quand il reconnut la nouvelle reine il en fut sans voix. Sa fille dit: «Tu vois, Père, chaque homme et chaque femme on leur propre destin et font leurs propres choix».

12eme siècle Sufi conte (mystique)
[ Ce conte illustre le fait que la loi seule ne peut fournir Bonheur et justice.]


Copper Ring
Copper Ring | © Suoviitta | Creative Commons Licence
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La Bague de Nasruddin

Quand Mollah* Nasreddine perdit sa bague, il alla la chercher dans la rue. Bientôt les autres vinrent l’aider chercher. Finalement un homme demande à Nasreddine s’il est certain d’avoir laissé tomber sa bague à cet endroit. Nasreddine répond: «Non, je l’ai perdu là-bas,» et il pointa en direction de sa maison. Ses assistants s’exclamèrent d’incrédulité : «Alors pourquoi tu la cherches ici?» Mollah Nasreddine explique patiemment: «Parce qu’il fait sombre là où je l’ai perdue à la maison, et que je peux voir à la lumière du lampadaire!»
Une histoire de Nasreddine

* Mollah veut dire gardien ou professeur.


La femme qui valait plus de cent hommes

Woman at the Mosque | © Saad Sarfraz Sheikh | Creative Commons Licence
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Rabia al Adawiyya al Qaysiyya ou simplement Rabia Basri (713/717–801 CE) appartient au cercle restreint des femmes soufies qui ont dépassé la plupart des maîtres soufis de leur temps. Cette mystique musulmane soufi née à Basra d’une famille pauvre. Ses deux parents moururent alors qu’elle n’était qu’une fillette. À cette époque, il y eut à Basra une grande disette. Les soeurs aînées de Rabia se séparèrent de leur cadette et partirent. Quant à elle un méchant homme la vendit comme une esclave lui appartenant. Le maître qui l’acheta la traitait durement et lui faisait faire toute sorte de services.

Tout en faisant le service de son maître Rabia observait un jeûne perpétuel. Une fois la nuit venue, elle priait jusqu’aux premiers rayons de l’aurore. Une nuit, le maître s’étant éveillé, entendit le son d’une voix. Il aperçut Rabia, la tête baissée en adoration et, suspendu au-dessus de sa tête, une lampe brillante dont l’intérieur de la maison était tout éclairé. Il s’est dit aussitôt en lui-même qu’il n’était pas possible de la traiter plus longtemps en esclave et lui donna sa liberté.

Alors Rabia, prenant congé de lui et sa famille, partit et s’adonna entièrement aux oeuvres de piété. Lorsqu’on lui demanda si elle en arriverait à prendre un mari, Rabia répondit: “Contracter mariage est nécessaire pour quelqu’un qui est en possession de son libre arbitre: quant à moi, je ne dispose plus de ma volonté. J’appartiens au Seigneur.”

On dit d’elle qu’elle n’était “pas une femme ordinaire, mais plutôt l’équivalant de plus de cent hommes” (Farid-ud-Din dans le Conférence des Oiseaux).
Extrait de Le Mémorial des Saintes Le Livre des Vies Merveilleuses des femmes mystiques musulmanes, , Dr. Javad Nurbakhsh, Editions Khaniquahi-Nimatullahi, Londres, UK, 1991